Le Haut degré de solidarité, un dispositif emblématique de l’OCIRP
Avec le « HDS », l’OCIRP met à disposition des branches professionnelles sa double expertise en matière de solidarité collective et de gestion des risques professionnels.
Nombreux sont les partenaires sociaux, les branches professionnelles et les autres acteurs de la protection sociale qui utilisent aujourd’hui l’expression « Haut degré de solidarité ». Mais combien savent que ce dispositif a été créé par l’OCIRP en 2016 pour répondre au besoin spécifique des branches et qu’il fait l’objet d’une marque déposée ?
Petit retour en arrière :
- en 2013, le législateur censure les clauses de désignation qui régissent, alors, les liens entre branches professionnelles et assureurs complémentaires. Les nouvelles clauses, dites « de recommandation », s’accompagnent d’une obligation : 2 % des cotisations versées aux assureurs doivent être consacrés au financement de prestations à Degré élevé de solidarité (DES).
- En 2017, un décret autorise les branches professionnelles à désigner un gestionnaire de ce dispositif.
Un guichet unique pour les partenaires sociaux
Dans la foulée, fort de son identité d’Union d’institutions de prévoyance, de sa gouvernance paritaire et de sa connaissance approfondie des branches, l’OCIRP décide, avec la création de son dispositif HDS, d’accompagner ces dernières dans la structuration de leur fonds de solidarité.
L’objectif : que les branches puissent proposer des actions concrètes adaptées aux besoins des entreprises et des salariés.
La même année, un pôle dédié au HDS est créé au sein de l’OCIRP.
« Lorsqu’une branche nous désigne comme gestionnaire des fonds de solidarité, nous travaillons étroitement avec elle pour identifier les besoins de ses salariés et de ses employeurs, et nous réalisons un audit complet.
Des prestations totalement adaptées aux secteurs d’activité peuvent ainsi être mises en place. C’est l’un des cinq facteurs clés du succès du dispositif. »
Bertrand Nteziryayo
À l’affût des besoins émergents
Via le HDS, trois types de prestations sont proposés :
- des aides financières pour les salariés en cas de coup dur,
- des actions de prévention
- et des services d’accompagnement.
Ces dispositifs s’adaptent en permanence aux réalités des branches.
Pour l’aide à domicile, activité dans laquelle les salariés se déplacent beaucoup, ont été mises en place, par exemple, des solutions de prévention du risque routier et des troubles musculosquelettiques. Pour les branches de l’économie sociale et solidaire (ESS), l’accent a été mis sur la prévention des phénomènes violents et des risques psychosociaux.
Le HDS répond également à des besoins d’urgence : en 2025, à la suite du cyclone qui a frappé Mayotte, une aide financière exceptionnelle a été accordée aux salariés.
Mais c’est bien le long terme, qui est au cœur de l’action du HDS.
D’une part, nous mesurons au fil des ans l’efficacité des actions de prévention et d’accompagnement, afin de les faire évoluer et de contribuer durablement à la qualité de vie au travail, d’autre part, notre dispositif doit innover et s’adapter en permanence, afin de répondre à des besoins émergents et évolutifs.
À titre d’illustration, le pôle réfléchit en ce moment à un dispositif d’accompagnement pour les femmes et enfants victimes de violences intrafamiliales.
Branches professionnelles et fonds de solidarité
Outre l’obligation liée au Degré élevé de solidarité (DES), les branches professionnelles disposent d’autres leviers pour mettre en place un fonds de solidarité.
Il est ainsi possible
- de créer un fonds de solidarité alimenté par les excédents des régimes de prévoyance et/ou de frais de santé. Toutefois, en l’absence d’excédents, ce fonds ne peut être abondé ;
- dans le cadre d’un régime labellisé, de financer un fonds social en définissant un pourcentage des cotisations qui lui sera consacré.
Les points forts du « HDS »
Le dispositif HDS OCIRP est de plus en plus sollicité par les salariés et les employeurs. Un succès qui s’appuie sur cinq atouts fondamentaux.
- Des prestations adaptées au secteur d’activité
- La promotion du dispositif : des campagnes de communication et des webinaires à destination des employeurs et des salariés sont organisés tous les 2 à 3 mois
- Un accès facilité aux prestations via une plateforme simple d’utilisation
- Des prestations et des critères d'attribution clairs, facilement compréhensibles. Peu de papiers à fournir par le salarié
- L’engagement de l’OCIRP sur la qualité de service
Le haut degré de solidarité, des aides pour se reconstruire et avancer
Accident et aménagement du logement
Philippe B., père de famille, salarié d’une entreprise de l’économie sociale et solidaire
"Notre vie a basculé en 2024 à la suite d’un accident : mon fils est devenu tétraplégique.
Du jour au lendemain, il a fallu repenser entièrement notre quotidien et notre organisation familiale. Très vite, la question du logement s’est imposée : il n’était plus adapté à la situation de notre fils.
Nous avons donc engagé d’importants travaux pour qu’il puisse continuer à vivre chez lui, dans les meilleures conditions et surtout en sécurité. Ces aménagements étaient indispensables, mais leur coût a été très lourd.
Avec ma femme, nous avons mobilisé toutes nos économies et sollicité l’aide de nos proches. Malgré cela, nous avons dû nous endetter de manière conséquente.
Quelques mois plus tard, nous avons sollicité le fonds de solidarité de ma branche, géré par l’OCIRP.
Grâce à l’accompagnement d’une conseillère très efficace, nous avons constitué notre dossier. L’aide exceptionnelle de 20 000€ accordée a été un véritable soulagement dans cette période très éprouvante."
Cellule de soutien psychologique
Thierry F., directeur d’une entreprise d’environ 100 salariés
"Nous avons été confrontés à un événement d’une extrême violence : l’agression à l’arme blanche d’un salarié par un collègue. Cet événement a profondément marqué les équipes.
Dans l’urgence, il était essentiel de soutenir les collaborateurs et d’éviter une dégradation durable du climat de travail.
J’ai sollicité l’équipe HDS de l’OCIRP pour activer le fonds de solidarité de notre branche. Une cellule de crise psychologique a été déployée en moins de 48 heures au sein de l’entreprise. Les salariés ont pu être accompagnés, exprimer leur choc et bénéficier d’un soutien adapté. Cela a amorcé un retour progressif à la tranquillité.
Ce dispositif a été essentiel pour traverser cette période difficile et aider l’équipe à se reconstruire.”
Violences conjugales et reconstruction
Anna G., mère de deux jeunes enfants
"J’ai été victime de violences conjugales et intrafamiliales. J’ai fait tout mon possible pour protéger mes enfants et maintenir un minimum de stabilité, malgré une situation très difficile à vivre.
À l’approche de la fin de l’interdiction de contact qui s’imposait à mon ex-mari, la situation est devenue encore plus préoccupante. La peur et les menaces rendaient indispensable un départ rapide, loin de mon lieu de vie du moment.
J’ai entrepris de nombreuses démarches pour trouver un logement dans un autre département, mais je me suis heurtée à de nombreux refus, à la fois dans le parc social et privé.
Dans ce contexte, j’ai sollicité ma branche professionnelle. Une aide de 3 000 € m’a été accordée rapidement grâce au fonds de solidarité. Avec cette aide, j’ai retrouvé un logement et offert à mes enfants un cadre de vie plus sûr.”
Prévention des risques psychosociaux
Alain H., DRH d’une structure de 60 salariés dans l’économie sociale et solidaire
"Nous avons traversé une période de fortes tensions. Dans notre foyer de vie, les relations étaient devenues difficiles : incompréhension entre équipes et encadrement, rôles peu clairs et grande fatigue chez les professionnels.
Nous avons sollicité une aide financée par le fonds de solidarité de notre branche professionnelle.
Cet accompagnement a été un vrai point d’appui. Il nous a aidés à rétablir le dialogue et à remettre du sens dans nos pratiques. En quelques mois, des évolutions concrètes ont été mises en place : clarification des rôles, formalisation des délégations de pouvoir et mise en place de réunions de coordination toutes les six semaines. Progressivement, le climat s’est apaisé.
Aujourd’hui, nous fonctionnons dans un cadre plus clair et plus serein.”