Voyage au coeur du deuil chez l’enfant et l’adolescent

Chaque âge sa perception de la mort, à chaque âge son expression du chagrin : si le deuil est difficile à comprendre et à accompagner, c’est parce qu’il diffère d’un individu à l’autre en fonction de son âge, de son environnement et des ressources psychiques dont il dispose. Pour tenter d’y voir plus clair et mettre en évidence ces nuances fondamentales, Guy Cordier nous livre les fruits de sa longue expérience dans l’accompagnement de jeunes endeuillés.

L'enfant et le deuil

Comment se forge la représentation de la mort chez l’enfant en bas âge ? 

Guy Cordier : Entre 1 an et 3 ans et demi, l’enfant est dans une phase d’affirmation de lui-même marquée par la toute-puissance de ses désirs que rien ne doit venir contrarier. À ce stade, l’idée d’une « mort possible » est encore très éloignée. L’enfant redoute avant tout la séparation avec ceux qu’il aime et qu’il croit posséder. Puis, vers 3 ans et demi/4 ans, avec le développement du langage, l’enfant commence à parler de la mort. Il y est confronté, par exemple, par la vision d’un animal mort qui lui apparaît frappé d’immobilité. L’enfant pose alors des questions et découvre que s’il ne bouge plus, c’est que cet animal est mort. La représentation qu’il va se faire de la mort est alors très liée au sommeil : quand on dort, on ne bouge plus, on a les yeux fermés, on est dans le noir. Cette association de la mort et du sommeil peut expliquer l’apparition fréquente, à cet âge, d’une angoisse liée au coucher. 

Que cela implique t-il ? 

G. C. : Cette première notion de la mort est assimilée à quelque chose de « réversible » pour l’enfant : « quand on meurt, ce n’est pas pour toujours…». La plupart des enfants vont s’accrocher à cette notion jusqu’à l’âge de 7 ans environ. Cette idée que la mort est réversible explique le fait que, confronté à la mort d’un proche, l’enfant à cet âge manifeste rarement un gros chagrin puisqu’il s’attend à le revoir. Aussi continuet-il à lui parler, à se préoccuper de lui, à entretenir avec lui une relation vivante, souvent étonnante pour les adultes qui l’entourent. Tout indique que, pour l’enfant âgé de 4 à 7 ans, la mort d’un proche est vécue comme une séparation qui tend à se prolonger. Nombre d’entre eux vivent dans l’attente d’un retour, car à cet âge, l’enfant n’a pas acquis la notion du temps. 

Comment cela va t-il évoluer ensuite ? 

G. C. : Durant cette phase d’attente, l’enfant tente d’imaginer l’endroit où vivent ceux qui sont morts et la façon dont ils s’occupent. Cette question-là, tous les enfants, endeuillés ou non, se la posent. On ignore trop souvent à quel point les enfants ressentent l’impérieuse nécessité de donner un sens à la vie. Arrive alors le moment, vers 6 ans, de la notion de fantôme. Ce dernier est une sorte de stade intermédiaire sur le chemin qui va amener l’enfant à comprendre progressivement que la mort est un phénomène irréversible. De nombreux enfants endeuillés évoquent d’ailleurs cette figure à la fois si désirée et tant redoutée. La prise de conscience du caractère irréversible de la mort par l’enfant endeuillé marque un moment difficile, car il perçoit qu’il ne reverra plus sous sa forme humaine, charnelle, celui ou celle dont il attendait le retour. Très vite, ensuite, est assimilé le caractère inexorable de la mort, c’est-à-dire ce moment où l’enfant comprend que tout le monde est appelé à mourir un jour. La mort est alors directement associée à la vieillesse. C’est au moment où l’enfant commence à maîtriser l’idée de reproduction — comment fait-on les bébés ? – qu’il accède à cette notion de la mort en tant que nécessité d’ordre biologique. Il reste alors à l’enfant à acquérir une notion capitale, à savoir le caractère universel de la mort : elle n’épargne personne, pas même lui, et peut survenir à tout moment. C’est vers l’âge de 10 ans que l’enfant découvre cette réalité et les diverses causes susceptibles d’engendrer la mort, ce qui peut parfois être un choc pour lui. 

Mort et chagrin vont-ils de pair chez l'enfant ? 

G. C. : Le chagrin de l’enfant endeuillé est largement sous-estimé, et ce, pour de multiples raisons. D’abord, il peut continuer à jouer et ne pas pleurer, amenant son entourage à penser qu’il n’est pas affecté par le deuil survenu. Ensuite, il va souvent chercher à se faire oublier, à ne pas être une cause de souci supplémentaire pour ses proches, qu’il perçoit fragilisés et peinés. Par ailleurs, l’entourage de l’enfant, absorbé par un tel bouleversement émotionnel, peut difficilement percevoir ce que vit l’enfant au plus profond de lui. Enfin, ce dernier est trop souvent écarté des rituels du deuil, ce qui le prive d’occasions propices à exprimer sa peine et ses questionnements au moment même où cette expression peut se faire naturellement. 

Comment s'exprime alors le chagrin ? 

G. C. : Lorsqu’il n’est pas verbalisé ou exprimé de manière explicite, le chagrin peut prendre différentes formes. Il peut s’agir de troubles du sommeil. L’enfant redoute de s’endormir et cherche à retarder ce moment. Un mécanisme qui s’apparente à la peur de mourir. On peut aussi constater des conduites régressives. Elles sont très fréquentes, en écho à l’idée que la mort peut être contagieuse dans l’esprit de l’enfant. De peur qu’elle n’emporte d’autres êtres qui lui sont chers, l’enfant n’imagine pas d’autres solutions que de se coller à son papa ou sa maman, refusant le plus souvent de s’en séparer. L’angoisse latente générée par ce phénomène imprévisible peut également conduire à des somatisations diverses. Les troubles scolaires (concentration, mémorisation…) sont, quant à eux, extrêmement fréquents et méconnus dans la mesure où ils surviennent quelque temps après le décès et qu’ils peuvent perdurer. Le lien avec le deuil d’un proche n’est ainsi pas toujours établi. La plupart des enfants endeuillés font état, à un moment ou à un autre, de leurs difficultés à apprendre leurs leçons. Parmi les expressions très variées du chagrin, on peut aussi citer l’agressivité. Dans les premiers temps du deuil, l’enfant s’efforce de passer inaperçu dans le but de soulager ses proches. Par la suite, il ne pourra pas toujours s’empêcher de réprimer les sentiments complexes qu’il éprouve, ce qui se traduira par de l’agressivité. Cette dernière est en lien avec l’ambivalence présente au coeur même de nos relations les plus affectueuses. Plus on aime quelqu’un, moins on supporte d’en être séparé. D’où ces brusques poussées de colère qui nous envahissent, dont nous ne savons que faire et que nous exprimons, alors, vis-à-vis de nos proches.

L'adolescent et le deuil

En quoi le deuil est-il différent chez l'adolescent ?

G. C. : D’une façon générale, et comme le dit Daniel Marcelli, pédopsychiatre et président de la Fnepe, « plus la mort concerne un être cher et proche, plus elle est brutale et incompréhensible, plus elle est proche du moment de l’adolescence, et plus ses effets psychiques sur l’adolescence semblent envahissants et délétères ». Les manifestations du deuil chez l’adolescent confronté à la mort d’un proche vont se rapprocher beaucoup plus de celles de l’adulte que de celles de l’enfant. Sans pour autant s’y calquer totalement, puisque certaines caractéristiques propres se dégagent chez l’adolescent. 

Pourquoi parle t-on de réactions paradoxales ?

G. C. : L’absence de chagrin, de toute manifestation extérieure d’émotions et le refus à peine masqué de s’associer aux rituels habituels du deuil surprennent, voire choquent l’entourage. Il s’agit de « réactions paradoxales », puisque des liens d’affection très forts reliaient l’adolescent au défunt. Il faut y voir probablement les manifestations de mécanismes défensifs qui visent à protéger l’adolescent d’une expression non maîtrisée de sentiments très forts de tristesse, de peur, de colère. Il ne faut pas oublier que cela se produit à un moment de sa vie où l’adolescent cherche à acquérir une plus grande maîtrise de ses émotions vis-à-vis de ses proches, à la fois pour se détacher des représentations trop infantiles comme « Ce sont les enfants, qui pleurent…» et pour tenter de s’identifier à une image beaucoup plus virile de lui-même, « un homme, ça ne pleure pas ! ». Parfois, c’est au contraire l’intensité des réactions émotives qui étonnent l’entourage de l’adolescent, alors même que la personne décédée n’était pas particulièrement proche. Certains deuils réveillent parfois d’autres deuils antérieurs, qui se sont notamment produits durant l’enfance. 

Existe t-il d'autres caratéristiques ? 

G. C. : Le deuil de l’adolescent confronté à la mort d’un parent est également lié au fait qu’il survient à un moment où l’adolescent a commencé son travail de désidéalisation des images parentales, alors que tout travail de deuil passe par une phase tout aussi nécessaire d’idéalisation du disparu. C’est cette ambivalence, qui amène les adolescents endeuillés à éprouver d’intenses sentiments de honte et de culpabilité à l’égard de celui ou celle qui les a quittés. On comprend aussi pourquoi de nombreux adolescents n’ont souvent pas d’autre choix que de renforcer l’idéalisation à tout prix du disparu, dans l’espoir inconscient de diminuer le poids de leur culpabilité. Or, cette idéalisation à visée défensive est bien entendu une entrave à la désidéalisation parentale à l’oeuvre à l’adolescence. Une autre caractéristique notable est que l’adolescent va vivre son deuil en grande partie en dehors de chez lui, en dehors du cadre familial, avec ses copains et copines. C’est auprès de ses pairs, en effet, qu’il va trouver refuge, auprès de celles et ceux qui se posent les mêmes questions que lui, qui vivent le même désarroi et la même quête identitaire. Lové au sein du groupe, l’adolescent se rassure, se reconnaît alors au travers des autres. Il perd cette singularité qui le distingue si fortement dans son milieu familial. Cela ne signifie pas pour autant qu’il rejette sa famille, mais plutôt qu’il a besoin de cet espace où s’exprime plus facilement la solidarité très forte d’un groupe. 

Quelles peuvent en être les conséquences ? 

G. C. : Certains adolescents, toujours dans ce contexte d’idéalisation du parent décédé, et notamment lorsqu’ils sont les aînés de leur fratrie, se donnent pour mission de remplacer leur parent disparu, tant auprès de leurs frères et soeurs que du parent survivant, ce qui retarde d’autant le travail de deuil. D’autres, au contraire, pour se préserver d’une telle tentation de substitution, s’empressent de trouver une âme soeur, de fonder une famille, de quitter le foyer. Le mécanisme d’idéalisation du parent disparu rend beaucoup plus difficile la recherche d’autres modèles d’identification, ressort pourtant essentiel de l’adolescence. Un autre risque du deuil de l’adolescent confronté à la mort d’un parent est le risque suicidaire. Il y a chez tout endeuillé, tout au moins dans la première partie de son deuil, un désir très fort de rejoindre celui qui est parti. Il s’agit d’une sorte de régression narcissique où prime la volonté de retrouver un état fusionnel avec la personne aimée qui est décédée. La mort apparaît alors comme la seule solution pour ne plus souffrir de la séparation. Chez l’adolescent endeuillé, les conduites à risque et les tentations suicidaires peuvent être d’autant plus marquées qu’il se sera interdit, dans les premiers temps du deuil, toute expression de son chagrin. Le risque de passage à l’acte est également plus important à l’adolescence. 

Que peut-on dire concrètement à un enfant en deuil ? 

G. C. : L’enfant a d’abord besoin de savoir la vérité, c’est-à-dire que la personne aimée est bien morte et non pas seulement « qu’elle est partie, qu’elle ne reviendra plus, qu’elle est au ciel, qu’elle fait un long voyage ou encore qu’elle dort pour toujours… ». Souvent pour l’entourage de l’enfant, dire le mot « mort » apparaît trop difficile, trop douloureux. Le choix des termes est très important, car à vouloir préserver l’enfant, on ne fait que le plonger dans une plus grande perplexité, le confortant involontairement dans l’espoir d’un retour. Il en va de même lorsque le parent s’est suicidé. Pour beaucoup, la tentation est grande de remettre à plus tard cette vérité-là, tant elle semble cruelle. L’expérience montre que ce qui n’est pas dit au moment même devient de plus en plus difficile à dire et fait peser sur chacun les fardeaux du secret et du silence. 

Et concernant son sentiment de culpabilité ? 

G. C. : L’enfant doit savoir qu’il n’est en rien responsable de la mort de son proche. En effet, les sentiments de culpabilité chez l’enfant comme chez l’adolescent peuvent être décuplés. Il est possible d’en atténuer les effets en aidant l’enfant à mettre des mots ou des images sur ce qu’il ressent au fond de lui et qu’il n’ose pas exprimer. Il en sera particulièrement soulagé. Pour ma part, je dis souvent aux enfants endeuillés que j’accompagne : « Tu sais, quand quelqu’un qu’on aime beaucoup vient à mourir, il arrive souvent qu’on pense que c’est de notre faute, parce qu’on n’a pas été gentil avec lui, qu’on lui a dit des paroles méchantes ou parce qu’on lui a souhaité du mal ou parce qu’on est jaloux… Toutes ces choses sont vraies, mais elles ne sont pas la cause de la mort de ton papa ou de ton petit frère. Il est mort parce qu’il avait telle maladie ou parce qu’il a eu tel accident. Ça n’est vraiment pas de ta faute ». 

Comment le rassurer sur son avenir ? 

G. C. : L’enfant a également besoin de savoir que ceux qui l’entourent vont faire le maximum pour bien s’occuper de lui, a fortiori en cas de mort d’un parent. Celle-ci entraîne des changements importants dans l’organisation et l’équilibre de la vie familiale : changement de domicile, diminution de revenus, perte d’attention les uns pour les autres… Nombre d’enfants s’inquiètent aussi de la disparition possible du parent restant, d’où une anxiété permanente, une hypervigilance, la peur d’être complètement abandonnés. C’est pourquoi il est fondamental de rassurer l’enfant sur ses nouvelles conditions de vie, de cultiver une solidarité familiale élargie et, ainsi, de soulager ses peurs. Enfin, il est primordial de dire à l’enfant en deuil que celui qui est mort sera toujours aimé et ne sera jamais oublié. Grâce à cette remémoration, on va favoriser le dialogue autour de cet événement traumatique et dénouer plus facilement les angoisses et les questionnements de l’enfant. 

Que peut-on faire pour accompagner son deuil ? 

G. C. : La question de la participation de l’enfant ou de l’adolescent aux rituels funéraires est très importante. Je pense qu’il ne faut ni les en priver, ni les leur imposer, mais leur proposer d’y prendre part s’ils le souhaitent : voir le corps de la personne décédée, assister à la mise en bière, participer aux cérémonies de l’enterrement ou de la crémation… À l’heure actuelle, de nombreux enfants sont écartés de ces rituels. Leurs proches croient bien faire en les protégeant de ce climat particulier qui s’instaure lors de la mort d’un proche. Ce faisant, ils ne font que leur rendre plus difficile la compréhension de la réalité de la mort. En tant qu’adultes, nous savons combien il est nécessaire de nous confronter à cette réalité pour dépasser l’instinctive réaction de déni qui nous traverse. Pour l’enfant, être privé de cette confrontation risque de retarder le début de son deuil, et de l’empêcher d’exprimer son chagrin, ses émotions, ses peurs… 

Faut-il cultiver le souvenir du défunt ? 

G. C. : Je pense qu’il faut encourager l’évocation des souvenirs : c’est une démarche possible pour les enfants dès l’âge de 3 ans. Pour cela, il revient aux adultes de montrer l’exemple. Lorsque le parent évite d’évoquer spontanément le souvenir du défunt en présence de l’enfant, ce dernier s’interdit de poser des questions ou d’en parler. Or, nous remémorer, nous souvenir, partager la mémoire de l’autre, c’est une façon de prolonger en nous la présence de celui qui nous a quittés. C’est bien le silence qui entoure certains enfants endeuillés, qui doit nous inquiéter, et non cette parole qui surgit, libératrice, porteuse d’affects, signe d’un enfant vivant, en contact avec ce qu’il vit. 

Comment l’aider à exprimer ses émotions ? 

G. C. : Il est important, en effet, de faciliter l’expression des sentiments douloureux et complexes liés à la personne disparue. Comme le soulignait Michel Hanus, psychiatre et fondateur de l’association Vivre son deuil : « Tout enfant a besoin de savoir qu’il est non seulement normal de ressentir de la colère, de la culpabilité, de la honte, de la peur, mais qu’il est nécessaire de les exprimer ». En l’absence d’expression, sous quelque forme que ce soit, ces émotions vont s’enkyster, favoriser la mise en place de mécanismes défensifs et différer le deuil. Des groupes de parole ou des médiations artistiques sont des moyens efficaces de libérer de telles émotions.

Cas particulier : le suicide d'un parent

Le suicide d’un parent constitue un traumatisme majeur, pour un enfant ou un adolescent. Il suscite d’autres questionnements, source de souffrances supplémentaires, notamment pour ce qui concerne les raisons qui ont poussé ce parent à mettre fin à ses jours. Le suicide va engendrer un sentiment d’abandon, de culpabilité et de dévalorisation de soi, et risque de compliquer le deuil en retardant l’expression de la colère d’avoir été ainsi « abandonné ». Toutes ces émotions combinées peuvent déclencher des conduites à risques ou d’échec, des attitudes de provocation qui vont renforcer chez l’enfant ou le jeune la perte d’estime de soi. Une fois encore, dialoguer, expliquer clairement les choses allège les angoisses, les sentiments de honte et de culpabilité.

Infographie Enquête école et orphelins

Enquête école et orphelins : infographie

L'infographie "Enquête école et orphelins" présente les informations suivantes :

Un enfant est orphelin lorsqu'il a perdu :

Sa mère,

  • Son père,
  • Ses deux parents.

A l'école

Un enfant par classe en moyenne

77% estiment que le décès de leur(s) parent(s) a eu un impact négatif sur leur scolarité

66% se sont sentis différents des autres élèves

Les enseignants

7 enseignants sur 10 ont eu des orphelins en classe

8 enseignants sur 10 estiment que c'est leur rôle de les aider

Les pistes pour agir

61% des orphelins et 63% des enseignants souhaitent que le sujet de la mort soit abordé à l'école

Quels outils ?

Une fiche de rensignements adaptée

Formations

Favoriser le dialogue

Guide des bonnes pratiques

Grande enquête nationale "Ecole et orphelins" - Fondation d'entreprise OCIRP / IFOP 2016.

Depuis 2009, la Fondation d'entreprise OCIRP soutient les orphelins en France.

 

Publié le 07 juillet 2017
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