Lab OCIRP Autonomie® : pour une écologie du soin
Salle comble ce 3 mars, pour le Lab OCIRP Autonomie®, en présence d’une centaine de participants à l’occasion de la parution de ́l’ouvrage "Pour une écologie du soin" (Éditions de l’Atelier, février 2026).
Autour de la table :
- Marie-Anne Montchamp, Directrice générale de l’OCIRP
- Roland Dysli, Directeur d’établissements médico-sociaux, Président de l’Association des ITEP et de leurs réseaux AIRe
- Stéphane Le Bouler, Président de LISA – Laboratoire d’idées Santé Autonomie
- Jean-Manuel Kupiec, Directeur du Lab OCIRP Autonomie
Changer de paradigme
Marie-Anne Montchamp a rappelé la genèse du concept, né au Village Alzheimer Henri Emmanuelli de Dax. L’écologie du soin propose une approche écosystémique du « prendre soin » : partir de la personne dans son environnement social, familial et territorial, plutôt que d’imposer une vision verticale et normative de la protection sociale.
Cette approche complémentaire permet d’éviter les situations de perte d’autonomie, de handicap ou de fragilité "sans solutions". Comme l’a souligné Jean-Manuel Kupiec :
"Cet ouvrage propose un changement de paradigme. L’écologie du soin, c’est partir de la personne et de son écosystème (ses soignants, sa famille, ses aidants…) et faire coopérer tous les acteurs."
Pour Roland Dysli, il s’agit de «renverser le regard et partir du besoin des personnes pour construire des réponses rapides et adaptées ». Dans la protection de l’enfance comme dans le champ du handicap, cela suppose de travailler au plus près des espaces de vie et de faire véritablement équipe avec les familles.
Sortir des impasses du modèle actuel
Les intervenants ont pointé les limites d’un système marqué par la division des tâches, l’organisation en silos et l’empilement de dispositifs de coordination.
« On fabrique des dispositifs de coordination sans recréer du lien entre les métiers. »
a souligné Stéphane Le Bouler, rappelant combien le modèle industriel du soin a fragmenté les parcours.
Même constat face au défi démographique du grand âge :
« Traiter des grands nombres sans perdre la qualité de l’accompagnement sera l’un des enjeux majeurs des vingt-cinq prochaines années. »
Redonner une cohérence d’ensemble
Pour Marie-Anne Montchamp, l’écologie du soin offre un cadre structurant :
« Nous courons après des mécanismes réparateurs qui produisent eux-mêmes des ruptures. Il faut penser le système dans son ensemble. »
Elle a également alerté sur l’enjeu du financement :
« Pour financer la santé, on peut être tenté de négliger la prévoyance. Or, face aux risques complexes, sans prévoyance, c’est le déclassement. Nous avons aussi besoin d’́une programmation budgétaire pluriannuelle. »