Enquête École et orphelins : les résultats

Fondation d'entreprise OCIRP
Résumé

Réalisée en partenariat avec l’Ifop, l'enquête nationale inédite « École et orphelins : mieux comprendre pour mieux accompagner » constitue le premier programme de ce type développé par le pôle « études et recherche » de la Fondation d'entreprise OCIRP en collaboration avec ses partenaires.

Édito, par Sylvie Pinquier-Bahda, directrice de la Fondation

Faire connaître et reconnaître socialement la situation des jeunes orphelins en France est la mission principale de la Fondation d’entreprise OCIRP. Avec un préalable incontournable : soutenir des actions efficaces en direction de ces jeunes,mais aussi recueillir des informations fiables sur leur situation singulière et leurs besoins particuliers. C’est pourquoi nous avons réalisé, en partenariat avec l’Ifop, une grande enquête nationale inédite intitulée « École et orphelins : mieux comprendre pour mieux accompagner ».
 
Il s’agit là du premier programme de ce type développé par le pôle « études et recherche » de la Fondation en collaboration avec ses partenaires : une démarche motivée par la double volonté de mettre en lumière la situation réelle des orphelins, en leur donnant la parole, mais aussi de dégager des axes de travail pour mieux les soutenir. Les résultats que nous livre cette étude, présentés lors du colloque du 12 janvier 2017, apportent des données précieuses quant au vécu des orphelins dans notre pays, à leurs besoins et leurs souhaits, plus particulièrement à l’école. L’enquête s’attache également à identifier les attentes spécifiques et les interrogations des enseignants face aux situations de deuil qu’ils rencontrent chez certains élèves au sein de leur établissement.
 
La Fondation d’entreprise OCIRP met ainsi aujourd’hui à disposition du plus grand nombre le fruit de ce travail de fond et ses principaux enseignements.

Entretien avec Emmanuelle Enfrein, responsable de la Fondation

Connaître plus précisément les réalités les problématiques et les attentes aussi bien des orphelins que de leurs enseignants est l’une des clés pour apporter à chacun un soutien et des outils adaptés. Que ce soit du point de vue des élèves orphelins ou des professionnels de l’éducation,l’enquête « École et orphelins » livre à ce titre des résultats précieux, souvent sans concession.
 
Pourquoi avoir décidé de lancer cette grande enquête dans le cadre du pôle « études et recherche » de la Fondation ?
 
Emmanuelle Enfrein : Les rencontres que nous avons faites sur le terrain depuis la création de la Fondation nous ont conduits à nous interroger sur les actions qui pourraient être menées efficacement pour améliorer la reconnaissance et l’accompagnement des jeunes orphelins. Nous avons pris conscience également, à travers de nombreux témoignages, que le retour à l’école à la suite du décès d’un ou des deux parents était souvent difficile pour de multiples raisons, et pouvait constituer une problématique dont il était important de dessiner les contours. L’école est un lieu de socialisation important, pour l’enfant ou le jeune, et peut devenir un lieu ressource si tant est que l’élève y trouve bienveillance et compréhension, de la part de l’équipe pédagogique comme de ses pairs. Pour ce faire, il était important de connaître précisément le ressenti de ces élèves qui ont perdu un ou leurs deux parents au cours de leur scolarité, que ce soit dès leur retour à l’école ou dans les années qui ont suivi. En parallèle, il nous est apparu important de recueillir la parole des enseignants et des personnels de l’éducation pour mieux connaître l’ampleur de ces situations de deuil, comment ils avaient pu les gérer et mieux comprendre quel était leur vécu. Aucune étude n’existant sur le sujet, nous avons donc décidé de lancer cette grande enquête nationale en partenariat avec l’Ifop, dans le cadre d’un projet initié et financé intégralement par la Fondation au sein de son pôle « études et recherche ».
 

Quelles typologies de données escomptiez-vous recueillir au travers de cette étude ?

E. E. : Les conséquences du deuil sur le parcours scolaire de ces enfants et jeunes endeuillés sont protéiformes : surinvestissement ou décrochage scolaire, problèmes d’attention, troubles de la mémorisation, difficultés relationnelles, comportements agressifs, auto-exclusion du groupe… Cette enquête comporte également un volet qualitatif qui a illustré les principaux résultats quantitatifs en lien avec ces problématiques. Ces parcours de vie nous fournissent des éclairages complémentaires sur leurs difficultés d’un point de vue élargi et l’impact sur leur santé, leurs relations familiales, amicales ou encore amoureuses…
 
Très concrètement, à quoi vont servir ces informations ? Et quel est le rôle du pôle « études et recherche » en la matière ?
 
E. E. : Grâce aux résultats de cette enquête, nous pourrons envisager, en lien avec des professionnels, des pistes d’action très concrètes, à proposer aux enseignants et personnels de l’éducation. Que ce soit sous forme d’outils pour relayer les « bonnes pratiques » ou de sessions de sensibilisation et de formations ponctuelles dispensées par des associations spécialistes de l’accompagnement du deuil chez l’enfant et l’adolescent, plusieurs pistes émergent déjà de cette enquête. Par ailleurs, l’objectif du pôle étant de favoriser le développement de projets de recherche ou d’analyse de pratiques, nous avons lancé un appel à projets thématique spécifique sur cette question de l’accompagnement des orphelins à l’école.

 

Premiers résultats de l'enquête

Découvrez les premiers résultats de l'enquête Ecole et orphelins : mieux comprendre pour mieux accompagner

 

Actes du colloque "École et Orphelins" Fondation OCIRP 2017

Vous pouvez découvrir les Actes du colloque "École et Orphelins : mieux comprendre pour mieux accompagner", qui a eu lieu le 12 janvier 2017.

 

Infographie enquête École et orphelins

Enquête école et orphelins : infographie

L'infographie "Enquête école et orphelins" présente les informations suivantes :

Un enfant est orphelin lorsqu'il a perdu :

Sa mère,

  • Son père,
  • Ses deux parents.

A l'école

Un enfant par classe en moyenne

77% estiment que le décès de leur(s) parent(s) a eu un impact négatif sur leur scolarité

66% se sont sentis différents des autres élèves

Les enseignants

7 enseignants sur 10 ont eu des orphelins en classe

8 enseignants sur 10 estiment que c'est leur rôle de les aider

Les pistes pour agir

61% des orphelins et 63% des enseignants souhaitent que le sujet de la mort soit abordé à l'école

Quels outils ?

Une fiche de rensignements adaptée

Formations

Favoriser le dialogue

Guide des bonnes pratiques

Grande enquête nationale "Ecole et orphelins" - Fondation d'entreprise OCIRP / IFOP 2016.

Depuis 2009, la Fondation d'entreprise OCIRP soutient les orphelins en France.

 

À propos de la Fondation d'entreprise OCIRP

La Fondation d’entreprise OCIRP soutient des actions en direction des jeunes orphelins, pour les accompagner et les aider à construire leur avenir. Elle organise son intervention dans le cadre d’un appel à projets à destination d’associations ou de structures à but non lucratif, autour de trois axes principaux :
  • aider l’enfant et sa famille ;
  • former les professionnels de l’enfance et de l’éducation, sensibiliser le grand public;
  • soutenir la recherche en sciences sociales et en sciences humaines sur le sujet.

Visiter le site web de la Fondation

"Trop d’enfants endeuillés sont abandonnés à eux-mêmes". La Croix.

Entretien avec le docteur Guy Cordier Pédopsychiatre, membre de l’association Vivre son deuil.
Publié le 17 janvier 2017 via www.la-croix.com

Commentaire OCIRP

"La Croix : Pourquoi est-il si difficile de parler de la perte d’un parent ?

Docteur Guy Cordier : Associer l’enfant à la mort ne va pas de soi. La perte d’un parent jeune n’est pas dans l’ordre des choses et nous avons tous des résistances à aborder cette question. Cette difficulté est accrue aujourd’hui car nous sommes devenus très inquiets du bonheur de l’enfant. Nous voulons le rendre heureux. Et pour cela, il doit, pense-t-on, être protégé des moments difficiles. On le met donc de moins en moins en contact avec la tristesse.

Aussi, quand la mort survient, le premier réflexe, plein de bonnes intentions, est d’en préserver au maximum les enfants. On les écarte ainsi des rituels. Les trois quarts des orphelins que je reçois n’ont pas été autorisés à assister à l’enterrement de leur parent, par exemple. Pourtant, tous le regrettent. Les rituels sont faits pour les vivants. Ils ont pour fonction de les confronter à la réalité de la mort. Celle-ci est trop vaste pour le cerveau d’un enfant. Si on ne l’aide pas, il va attendre le retour de son parent décédé et beaucoup souffrir. Un enfant devrait donc pouvoir voir son parent décédé sur son lit de mort, assister à la mise en bière, aux obsèques."

"Les orphelins, invisibles de la société". TV5 Monde.

TV5 Monde.
Publié le 12 janvier 2017 via information.tv5monde.com

Commentaire OCIRP

"Je mentais tout le temps", a témoigné le réalisateur Serge Moati, 70 ans, qui a perdu ses deux parents en l'espace de deux mois alors qu'il avait 11 ans, mais prétendait à l'école qu'ils étaient vivants. Il s'est même inventé des pères célèbres, le journaliste Léon Zitrone ou le coureur cycliste Raymond Poulidor. Une fois démasqué, "j'étais la risée de la colonie".

Orphelin de père et de mère à 9 ans, Francis Lagrâce, aujourd'hui quinquagénaire, avait de gros problèmes de concentration. "J'étais dans mon monde", ce qui a créé des difficultés scolaires, se souvient cet autre réalisateur."

Orphelin, c'est encore un tabou. Le Parisien.

Le Parisien
Publié le 13 janvier 2017 via www.leparisien.fr

Commentaire OCIRP

"En moyenne, un enfant par classe a perdu son père, sa mère ou ses deux parents. Une réalité peu prise en compte par l'école, comme le montre une étude publiée hier par la Fondation OCIRP"

La situation des orphelins, population méconnue. France Soir.

France Soir
Publié le 12 janvier 2017 via www.francesoir.fr

Commentaire OCIRP

"Il y aurait jusqu'à un orphelin par classe en moyenne, mais la situation de ces enfants est largement méconnue. Une étude de la Fondation OCIRP et de l'Ifop présentée ce jeudi 12 évalue les conséquences du deuil sur leur scolarité et de nombreux aspects de leur vie."

"Une enquête inédite sur les orphelins et l'école". France Inter.

Première fois qu'une étude est menée sur les orphelins et leurs professeurs : une enquête de l'institut Ifop, pour la fondation d'entreprise Ocirp.
Publié le 12 janvier 2017 via www.franceinter.fr

Commentaire OCIRP

"Parmi les pistes qui seront évoquées lors de ce colloque : un guide des bonnes pratiques avec des conseils, des recommandations selon l'âge, selon les causes du décès. La création de groupes de parole pour les enfants. Pour qu'ils sachent qu'ils ne sont pas seuls à avoir perdu un parent."

La situation des enfants orphelins largement méconnue. Ouest-France.

Ouest-France.
Publié le 12 janvier 2017 via www.ouest-france.fr

Commentaire OCIRP

Qui sont-ils ? « Si vous demandez aux gens quelle définition ils donnent d’un orphelin, vous verrez toute la méconnaissance de la population envers ce sujet », regrette Emmanuelle Enfrein, responsable de la Fondation Ocirp (1). Depuis 2009, cette structure entend faire connaître et reconnaître socialement la situation des jeunes orphelins. Qui, pour rappel, le deviennent dès qu’ils ont perdu soit, leur père, soit, leur mère ou les deux.

Combien sont-ils ? Selon la dernière enquête de l’Institut national d’études démographiques (Ined) réalisée en 2003, ils seraient 800 000 orphelins de moins de 25 ans. Une nouvelle étude en cours tendrait à montrer, en 2016, un chiffre en baisse aux alentours de 650 000 enfants. « C’est, en moyenne, un enfant par classe. Nous sommes donc tous touchés de près ou de loin par cette réalité », renchérit Emmanuelle Enfrein. Sept fois sur dix, l’enfant est orphelin de père.

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