Agir pour les orphelins

La recherche émergente sur l’orphelinage

Résumé

Peu de travaux de recherche ont fait de l’orphelinage un objet central d’études et de recherche. Toutes les disciplines n’ont pas accordé la même place à ce sujet. Bien souvent, ce sont des questions corollaires qui conduisent les chercheurs à s’intéresser aux jeunes dont le ou les parents sont décédés précocement.

Introduction

Les sujets du rapport à la mort, du deuil du parent décédé et ses modes de prise en charge du trauma induit, de la prise en charge des enfants abandonnés et des orphelins sont depuis longtemps des objets de réflexions et d’analyse pour des disciplines telles que l’histoire, la psychologie, la philosophie ou encore les sciences médicales.

La sociologie, la science politique, le droit et, dans une moindre mesure, la démographie et l’anthropologie n’ont guère, quant à elles, porté attention à ces sujets, ni en tant que tels ni au détour de sujets plus classiques pour elles comme la famille, la jeunesse, les institutions, le veuvage précoce ou encore le vécu et les pratiques des professionnels.

Depuis 2009, principalement sous l’impulsion de la Fondation OCIRP et de son soutien aux équipes françaises de chercheurs, avec l’appui de son conseil scientifique et plus récemment de son pôle Études et Recherche, une douzaine de recherches ont pu être développées. Le partenariat, en 2014, avec l’Institut national d'études démographiques (Ined) a également permis de déterminer enfin précisément l’ampleur de la population des orphelins et ses caractéristiques.

Les travaux sur cette population, en France, sont ainsi en pleine émergence et leurs résultats devraient profiter à la communauté des chercheurs, du grand public et des praticiens et professionnels, afin d’explorer cette question protéiforme.

Une mémoire collective qui renvoie à l’histoire : solidarité nationale et orphelinat

Cette entrée historique s’intéresse à la population des orphelins dans une période où, au sortir des guerres, ils sont recueillis dans les orphelinats. Cette approche historique a fait l’objet d’un certain nombre de travaux parmi lesquels ceux de Ryckebusch (2013), Faron (2002), Brunet (2012), Robin-Romero (1998) et Peter (2016). Elle est d’ailleurs celle qui nourrit la représentation collective habituelle des orphelins associée au cas du décès des deux parents d’un enfant ou adolescent.

C’est au nom de la solidarité nationale, que ces jeunes sont pris en charge par la puissance publique de l’État français, qui affirme l’importance de la justice sociale (Habchy, 2014) et le devoir de solidarité nationale dû à la « veuve et l’orphelin » par la nation (Hervé, 1998).

Cette période étant révolue et les politiques publiques réformées, notamment de la famille et de l’instruction scolaire, l’inscription sociale contemporaine de cette population est celle de l’invisibilité (Molinié, 2011), particulièrement dans les politiques sociales « depuis la substitution, en 1985, de l’allocation de soutien familial à l’allocation pour orphelin instituée en 1971 » (Monnier, Pennec, 2005).

Dénombrer la population des orphelins : connaître les profils et caractéristiques démographiques

C’est avec les travaux démographiques de Pennec et Monnier (2002, 2003, 2005), que la première estimation de cette population est donnée, grâce à l’exploitation de différentes enquêtes statistiques (produites par l’Insee, la Drees, l’administration fiscale et le recensement de l’état civil, etc.), du recensement ou encore de données administratives et fiscales. Au-delà des effectifs de population que ces travaux mettent en exergue et de la désignation des différents cas de figure (orphelins simples ou doubles), ils soulignent également toute la complexité d’évaluer quantitativement et de caractériser cette population (Monnier, Pennec, 2002) à partir d’enquêtes statistiques non ad hoc.

Ainsi, en 1999, parmi les enfants, adolescents et jeunes adultes âgés de moins de 25 ans, 800 000 personnes ont été confrontées précocement au décès d’un parent ou des deux, dont 330 000 mineurs. Ils sont 500 000 de moins de 21 ans, soit 3 % des 17 millions de cette classe d’âge. En moyenne, cela représente un élève par classe au collège et deux au lycée.

Ce type d’approche permet aussi de connaître les caractéristiques démographiques et sociologiques liées au décès d’un parent. Du fait de la surmortalité des hommes, les orphelins de moins de 25 ans sont :

  • à à 72 % orphelins de père,
  • 22 % orphelins de mère,
  • et 6 % sont des doubles orphelins.

Plus les individus avancent en âge et plus la proportion d’orphelins augmente :

  • 1 enfant sur 30 est orphelin entre 10 et 14 ans,
  • plus d’1 enfant sur 20 est orphelin entre 15 et 19 ans,
  • près de 10 % des enfants sont orphelins entre 20 et 24 ans révolus.

Quel que soit l’âge, leur environnement familial est celui de leur parent survivant :

  • 8 orphelins de père sur 10 vivent avec leur mère,
  • 7 orphelins de mère sur 10 vivent avec leur père.

Ces orphelins vivent, dans une moindre mesure, au sein d’une famille recomposée (18 % des orphelins de père et 31 % des orphelins de mère). Cette situation est plus fréquente lorsque les enfants sont plus âgés, notamment au moment de l’adolescence.

C'est surtout parmi les familles monoparentales, que se trouvent les enfants orphelins : 11 % des enfants issus de ces familles monoparentales, tous âges confondus, sont orphelins. Parmi ces jeunes issus de familles monoparentales, 2 % ont de 0 à 4 ans, 15 % sont adolescents et 25 % sont de jeunes adultes.

Ces familles comportant des orphelins appartiennent aux catégories sociales les plus sensibles aux risques de la vie : ouvriers, inactifs, retraités.

Parmi les familles monoparentales où la femme est le parent survivant, 39 % relèvent de ces catégories sociales les plus sensibles (contre 25 % s’il s’agit d’un père veuf). L’influence sociale, lue à partir de la catégorie professionnelle d’appartenance du parent décédé, montre les profondes inégalités sociales qui touchent les orphelins (20-24 ans) :

  • 3,1 % des orphelins avaient un parent de catégorie « cadre et profession intellectuelle », contre 7,4 % de catégorie « ouvrier »,
  • et selon le sexe du parent décédé, ce sont 3,3 % d’orphelins de mère qui avaient un parent de catégorie « au foyer, étudiant, invalide », contre 8,1 % d’orphelins de père.

Par ailleurs, une sous-population spécifique est étudiée en se focalisant sur les jeunes bénéficiant de la protection de l’enfance : ils représentent ainsi 30 % de ce domaine, selon l’étude de Frechon et Marquet (2016).

Au plan international

Apelian et Nesteruk (2017) indiquent que, dans le monde, ce sont 153 millions d’enfants dont le père, la mère ou les deux parents est(sont) décédé(s) ; les conséquences de l’épidémie de sida en sont l’une des causes majeures. Aux États-Unis, 2,5 millions d’enfants de moins de 18 ans sont dans cette situation, et au Canada, moins de 1 % des enfants âgés de 14 ans ont perdu un parent et 29 600 enfants de 0 à 14 ans ont perdu leurs deux parents.

 

Le deuil et les conséquences psychologiques de la mort d’un parent : signes et prise en charge des jeunes endeuillés

La question de la mort précoce est davantage étudiée par la psychologie, qui constitue une entrée naturelle plus immédiate. Elle est étudiée à propos des plus jeunes confrontés à un tel événement en insistant sur la nécessité de reconnaître le deuil spécifique de l’enfant confronté à la mort (Ben Soussan, 2006, 2013), dont la réalité irrémédiable diffère, par exemple, selon son âge.

Cette approche est cruciale tant les morts agissent sur les vivants à travers le lien maintenu avec le parent décédé (Molinié, 2013, 2006) et les résonances qui s’immiscent lors d’une future parentalité (Rueff-Geantet, Dollander, 2008). Toute expression du deuil est pour beaucoup difficile tant le tabou sur cet aspect de la vie est fort, plus encore quand il se produit précocement, au point de ne pas devoir en parler par risque de troubler les plus jeunes (Mohaër, 2015), au lieu de réfléchir, nous dit l’anthropologue Le Breton, à nos manières d’en parler (2015). C’est l’absence de mots, de gestes ou encore de regards à l’adresse de ces jeunes personnes, qui renforce les effets délétères de cette « effraction psychique » qu’il reste à transformer en « expérience-référence » (Noble et Gachet, 2015).

Le décès d’un parent induit, par exemple, des conséquences en termes de santé mentale qu’observent des chercheurs en France (Dubé, 2011 ; Hanus et Sourkes, 1997). Les témoignages des orphelins indiquent des troubles du sommeil, de l’alimentation, ou des atteintes au corps, ou encore mnésiques (Cordier, 2008).

C’est l’enjeu de l’accompagnement des orphelins et du parent endeuillé par des professionnels ou des « aidants » formés aux conséquences spécifiques du deuil et du rapport à la mort chez les enfants (Romano, 2010, 2007 ; Rueff-Geantet et Dollander, 2008). La prise en charge du deuil chez les enfants et adolescents doit éviter les risques de deuil traumatique, notamment par le repérage des symptômes, comme l’expliquent Romano (2010, 2007), Bacqué (1999) ou Montheil et ses collègues (2016).

La psychologie auprès d’enfants et d’adolescents donne des repères pour bien comprendre que, selon les circonstances et les contextes de survenue de la mort, les traumatismes étant différents, les manières d’agir auprès des uns et des autres doivent être adaptées en conséquence (Romano, 2015). Le retentissement de la mort d’un proche n’est pas le même chez un témoin que chez une personne qui vient d’apprendre le décès d’un proche, ou encore chez des victimes de guerre (Papazian-Zohrabian, 2015).

Mais toute situation de deuil ne demande pas à être médicalisée : le deuil n’est pas une maladie. L’écoute et des marques d’attention de la part de l’entourage peuvent déjà apaiser la brutalité d’un événement impensable et contribuer à restaurer la confiance en soi. Cela est d’autant plus important que l’absence de changement de comportement chez un enfant suite au deuil peut dissimuler l’existence de troubles psychiques (Derome, 2015).

Les travaux internationaux attestent aussi ces incidences dans de nombreux pays (Cerel et coll., 2006 ; Dowdney et coll., 1999). Des observations cliniques ont mis en évidence des troubles cognitifs avérés chez beaucoup d’orphelins (Jacquet-Smailovic, 2011 ; Lieberman et al., 2009). Les difficultés à apprendre, par exemple, des leçons sont relevées chez de nombreux enfants endeuillés et en particulier orphelins, avec des effets négatifs sur leurs résultats scolaires (Beegle et al., 2010). La nécessité d’en limiter l’impact négatif est largement soulignée, notamment par la prévention (Dunning, 2006 ; Heath et al., 2008 ; Lieberman et al., 2009 ; Shipitsyna, 2008).

La situation socio-économique et sociale des orphelins : conditions de vie et inégalités sociales

Moins étudié, cet événement biographique se fait sentir concrètement à travers ses conséquences socio-économiques. C’est ce qu’explicite l’étude de Blanpain (2008)[1] qui met en avant l’impact du décès du parent sur la situation sociale de l’orphelin en 2006 en cohérence avec les travaux de Monnier et Pennec (2005). Selon la position sociale des parents, les risques de perdre un ou deux parents s’accroissent et influencent la vie et le devenir des orphelins sous l’effet de certains facteurs : catégorie socio-professionnelle, composition familiale, sexe du parent décédé, diplôme, revenu, etc. En résultent une baisse du niveau de vie et une plus grande pauvreté, une fragilité des trajectoires scolaire et professionnelle par un moindre accès à un diplôme et des études plus courtes.

En 2006, parmi les adultes de 20-75 ans...

  • 11 % sont orphelins de père ou de mère avant 20 ans, dont 7 fois sur 10 de père en raison de la surmortalité des hommes avant 65 ans et de la naissance plus tardive de leurs enfants (32,7 ans contre 29,7 ans pour les femmes), et 0,7 % des adultes ont perdu père et mère. Ce risque s’accroît avec l’âge puisque 1/3 des personnes orphelines le sont devenues avant 10 ans et 2/3 entre 10 et 20 ans.
  • Être orphelin de père est plus fréquent chez les enfants d’ouvriers (7 %, espérance de vie de 39 ans) que chez ceux des cadres (3 %, espérance de vie de 46 ans). Le risque de décès de la mère est lié aussi à sa profession.

Un tel phénomène social vient compliquer les parcours scolaire et professionnel.

Parmi les adultes de 20 à 75 ans, les orphelins avant l’âge de 20 ans sont moins diplômés :

  • 28 % n’ont aucun diplôme (contre 17 % de l’ensemble des 20-75 ans),
  • 7 % ont un bac+2 (contre 12 % de l’ensemble des 20-75 ans).

Du côté des chances d’obtention du baccalauréat, les effets sont réels :

  • quand il s’agit du décès du père, ces chances sont diminuées de 6 points (de %), de 9 points (de %) quand c’est la mère qui décède et de 11 points (de %) quand les deux parents sont morts,
  • difficultés financières et graves privations matérielles sont des facteurs expliquant ces inégalités ; mais cela peut aussi être dû au choc provoqué par le décès, à la réorganisation familiale impliquant un moindre suivi parental ou au rapport aux études variable d’une famille à l’autre.

Or, l’obtention d’un diplôme apparaît comme un facteur capable de juguler les conséquences sociales du décès d’un parent.

En comparaison, les enfants de parents séparés connaissent aussi des difficultés d’obtention d’un diplôme, mais ces personnes ont davantage de diplômes que les orphelins.

Par effet indirect, obtenir un diplôme conditionne les chances d’obtenir une profession de cadre ou intermédiaire, ce qui joue aussi ensuite sur la position sociale des enfants une fois adultes. Ainsi, en tenant compte du diplôme obtenu, l’effet du décès d’un parent n'a qu'une faible répercussion sur le statut professionnel (sauf cas des doubles orphelins). Plus encore, à diplômes identiques, les orphelins possèdent presque autant de chances d’obtenir un emploi de cadre ou intermédiaire que les enfants ayant vécu avec leurs deux parents.

Cette situation induit, par conséquent, des inégalités sociales. À la suite du décès d’un parent, des changements de vie sont avérés à travers le bouleversement du quotidien et des liens familiaux en recomposition, le passage vers la vie d’adulte plus rapide par la mise en couple, ou encore un état de santé dégradé ; la limitation de l’accès à la culture, aux loisirs et aux vacances en est un autre aspect relevé dans les témoignages des parents ou des orphelins devenus adultes.

La famille des orphelins est celle du « parent gardien »...

  • 85 % des orphelins de père vivent avec leur mère, et 62 % des orphelins de mère vivent avec leur père.
  • Du point de vue de la composition du foyer, 45 % des orphelins avant 20 ans sont issus d'une fratrie de 5 enfants et plus (vs 33 % de l’ensemble des adultes, qui sont issus d'une fratrie de 5 enfants et plus).
  • Les autres vivent avec un autre membre de la famille, ou dans un orphelinat ou un établissement collectif où ils représentent 6 % des orphelins de mère, 4 % des orphelins de père, 24 % de père et de mère.
  • Vivre dans une famille recomposée est moins fréquent, surtout lorsque les enfants sont jeunes : 10 % des orphelins de père et 16 % des orphelins de mère vivent avec un beau-parent, et 26 % des orphelins ont au moins un demi-frère ou une demi-sœur (contre 16 % des adultes non orphelins).

Un autre effet du décès d’un parent est pour l’orphelin de se mettre en couple et de devenir parent lui-même plus tôt en raison de l’arrêt prématuré des études. Ainsi, parmi les personnes devenues orphelines avant l’âge de 20 ans...

  • 17 % sont en couple avant 19 ans pour les femmes et 21 ans pour les hommes (contre 12 % de ceux ayant vécu avec deux parents).
  • 19 % sont devenus mère avant 21 ans ou père avant 24 ans (contre 15 % de ceux ayant vécu avec deux parents).
  • Le niveau de fin d’études atteint estompe cette précocité de la mise en couple et de la parentalité.

L’explication est à trouver dans la reproduction de comportements familiaux : les enfants de parents séparés ont plus souvent une mère ayant fondé tôt une famille (Archambault, 2007).

Enfin, l’influence du fait d’être précocement orphelin se fait sentir sur l’état de santé. À origine sociale, âge, genre et taille de la fratrie identiques (i.e. toutes choses égales par ailleurs), l'état de santé est moins bon quand le père est décédé précocement :

  • 15 % de ceux concernés déclarent un mauvais état de santé (contre 10 % de l’ensemble de la population).

En fait, il faut y voir un effet mécanique de plusieurs facteurs : le raccourcissement des études induit un diplôme et une position professionnelle moins élevés ; deux facteurs qui, par ailleurs, influencent l’état de santé des individus. En considérant la catégorie sociale et le diplôme, le décès du père pendant l’enfance a pour effet un plus mauvais état de santé physique à l’âge adulte. Les hypothèses explicatives sont les suivantes : le décès induit une baisse des ressources économiques, qui pèse sur les conditions de vie et l’accès aux soins, provoquant un effet négatif sur la santé ; la privation matérielle importante qu’induit le décès du parent joue sur la détérioration de la santé, ou encore la transmission des parents aux enfants de facteurs héréditaires ou comportementaux (reproduction de comportements à risque, de moindre recours aux soins et à la prévention).

En matière d’état de santé mentale, 10,3 % des orphelins déclarent une mauvaise santé mentale et sont en cela proches de la population générale (10 %), tandis qu’ils sont 13,2 % parmi les enfants de parents séparés ; l’une des raisons de cet écart est liée au mauvais climat familial existant avant la séparation (graves tensions, violences entre les parents).

[1] Sources mobilisées par l’auteure : Événements de vie et santé (EVS, 2005-2006, Drees) et l’enquête « Étude de l’histoire familiale », Insee, 1999. Les enquêtés sont âgés de 20 à 75 ans et leurs déclarations sont rétrospectives au décès de leurs parents avant l’âge de 20 ans.

 

Domaines sociaux et vécus : vie des orphelins après le décès du parent, attentes et besoins

Quelques travaux sociologiques montrent toute la singularité de cet événement à travers la manière de parler de la mort en famille (Véron, 2016), le rapport des adolescents à la mort et leur façon d’investir cet événement (Julier-Costes, 2013, 2012, 2010), et ses représentations télévisées (Julier-Costes, 2011).

Centrés sur les orphelins, les travaux portent sur l’expérience sociale vécue chez de jeunes orphelins (Bailleux, 2015), la situation et les besoins des orphelins allocataires de l’OCIRP (Gezer, 2007). Plus rares, encore, sont les études sur les questions du soutien institutionnel et des politiques sociales ainsi que du droit (Rovinski et Pons, 2012 ; Chambraud, 2011) en faveur des orphelins, du parent restant, lui-même veuf ou veuve (Delaunay-Berdaï, 2006) ou de la famille élargie.

Très récemment, la question du rapport qu’entretient l’institution scolaire avec la mort d’un de ses membres (enseignant, personnel éducatif, élève, parent) a été abordée à travers les perturbations qu’elle induit. Il s’agit de s’intéresser aux manières d’agir auprès de tous, notamment ceux qui en ressentent plus directement les effets (Fawer-Caputo, Julier-Costes, 2015 ; Études sur la mort, 1999, 2002, 2007).

L’ouvrage collectif de Fawer-Caputo et Julier-Costes est plein d’enseignements aussi bien sur ce qu’il se passe dans les écoles, sur les conséquences pour l’institution et ses personnels que sur les manières d’agir auprès des élèves concernés. Le poids du tabou sur la mort est alimenté par le manque de crédit accordé aux enfants et à leur capacité de parler de la mort (Jeffrey, 2015). Or, évincés bien souvent des moments de rites du deuil, les adolescents s’inventent eux-mêmes des « rites instituants » qui se vivent individuellement et en groupe (Julier-Costes, 2015). Ce sont ces moments partagés, notamment à l’école, qui peuvent constituer une « éducation à la perte » (Fawer-Caputo, 2015) capable de construire chez eux une « estime de soi modeste » (Bacqué, 2015) intégrant aussi bien la connaissance de leurs forces que celle de leurs faiblesses.

Le décès d’un parent a des effets à court et long termes sur la scolarité des élèves et leur parcours de vie (Fawer-Caputo, 2015), ce qui légitime la mise en place d’actions de soutien. À plus forte raison puisque l’école est un des principaux lieux concernés par cette question, à la fois par le temps passé par les élèves entre ses murs et par sa mission de formation.

Hors « situations de crise », les actions et les réactions institutionnelles font peu l’objet de protocoles (Baillat, 2015) facilitant le retour au fonctionnement normal d’un établissement. Nulle solution clés en main, mais une démarche qui cherche à donner un juste équilibre à l’action coordonnée des personnes impliquées : pour anticiper et coordonner leur intervention, prévoir les moments d’annonce et ceux qui en ont la responsabilité ou encore tenir compte du rapport avec les élèves ou la famille concernés (Derome, 2015).

L’enquête de la Fondation OCIRP/Ifop (2017), qui appuie ce constat, va bien plus loin en rendant compte et mesurant de manière inédite des effets de la perte d’un parent sur la vie scolaire et la scolarité des élèves, et dégage des pistes de soutien des élèves orphelins.

Parmi les effets induits par le décès du parent se dégagent par exemple des difficultés à se concentrer en classe (38 %), à apprendre les leçons à la maison (34 %), des difficultés de participation en classe (29 %). Parmi les orphelins de l’enquête : 46 % déclarent que cela a influencé leur orientation (orphelins de plus de 15 ans) et 43 % le choix de leur métier (orphelins de plus de 18 ans). Les conséquences sont visibles, aussi, dans leur rapport aux autres :  

  • 47 % déclarent que les autres élèves ont été plus gentils avec eux,
  • 10 % qu’ils ont subi des moqueries,
  • et 9 % qu’ils ont été mis à l’écart.

Pour les adolescents, leurs réponses montrent que les conséquences se jouent à long terme, puisque cela a eu des effets sur leurs relations familiales (pour 84 %), leurs relations amicales (pour 55 %) et leurs relations amoureuses (pour 49 %).

La littérature internationale sur le sujet aborde des thématiques similaires et démontre les mêmes résultats (Apelian et Nesteruk, 2017), que ce soit sur :

  • l’impact en termes de ressources économiques comme facteur de risques et d’inégalités sociales (Berman et coll., 2013),
  • l’importance des discussions et du rôle du parent « gardien » auprès de l’enfant concerné (Renaud et coll., 2015),
  • sur la santé et la santé mentale, notamment en termes de risques de suicide (Guldin, 2015 ; Wilcox et coll., 2010 ; Guldin, 2010),
  • sur les relations sociales sources d’un stress qui perturbe par exemple le sommeil (Harris, 1991),
  • ou encore sur les relations et le soutien des enfants et adolescents endeuillés par leurs pairs (Lafrenière, Cain, 2015).

Le sujet de la formation scolaire est aussi traité au regard de l’achèvement des parcours à l’université (Kailaheimo, Erola, 2016) ou encore à propos des attitudes des enseignants et des parents (McGovern, Barry, 2000).

Cette littérature met également en avant, à partir de l’expérience vécue et des besoins d’adolescents endeuillés (Punziano, 2014 ; Cinzia et coll., 2014), les modes d’actions qui favorisent la réduction des conséquences liées à l’orphelinage. Des travaux insistent sur les formes de soutien relationnel et de gestion des émotions (Patterson, Rangganadhan, 2009 ; Dunning, 2006) notamment au sein de l’école (Holland, 2008).

Prospective : le soutien de la Fondation OCIRP pour développer la recherche

Suite à la création de son pôle Études et Recherche en 2016, la Fondation OCIRP a soutenu cinq nouveaux projets en plus de ceux en cours ou déjà menés. Fin 2017, elle a rencontré chacune des équipes porteuses de ces projets pour suivre leurs travaux et s’assurer que le thème de l’orphelinage était bien au centre de leur réflexion et démarche de recherche. Certaines d’entre elles seront également formées à cette question et notamment au deuil précoce chez l’enfant et l’adolescent et à ses symptômes et conséquences.

Dans les prochains mois, ce sont donc plusieurs dimensions de l’orphelinage, qui seront mieux connues et qui viendront enrichir nos connaissances sur le sujet, parmi lesquelles :

  • les parcours et la prise en charge d’enfants orphelins placés et leur mode d’accompagnement,
  • les conséquences cognitives chez de jeunes orphelins,
  • la formation de professionnels de l’intervention sociale et le vécu de jeunes adultes orphelins,
  • l’estimation et la caractérisation de cette population,
  • les facteurs de l’orientation scolaire de lycéens orphelins en comparaison avec des lycéens non orphelins,
  • les impacts sur leur scolarité, leur vie et leurs relations sociales à l’école.

En effet, au-delà des impacts socio-économiques, les orphelins disent aussi avoir puisé dans cet événement biographique marquant des ressources qui ont façonné les adultes qu’ils sont devenus. Cela invite à s’intéresser aux réalités empiriques de leur situation à la lumière des argumentaires subjectifs qu’ils associent à cette expérience sociale, aux comportements et attitudes adoptés par eux-mêmes et leur entourage.

Enfin, une autre dimension devra être explorée, celle des politiques publiques qui considèrent la situation des orphelins uniquement lorsqu’ils sont compris dans d’autres catégories de l’action publique : familles monoparentales, familles dissociées, pupilles de l’État, protection des mineurs et de la famille….

Journée d’étude organisée le 3 octobre 2018 par la Fondation OCIRP et le Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (Cadis-EHESS).

Cette journée d’étude est organisée conjointement par la Fondation OCIRP et le laboratoire du Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (Cadis) de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Adossée à son comité scientifique, cette manifestation consacrée aux enfants, adolescents et jeunes adultes orphelins est une opportunité de mettre en lumière leur situation sociale et leur vécu.

Placé sous le signe de l’action, cet événement est l’occasion de prendre connaissance des résultats inédits des sept projets de recherche soutenus par la Fondation OCIRP, du partenariat initié avec l'INED et de l'enquête « École et orphelins », programme interne du pôle Études et Recherche de la Fondation. 

Cet événement ouvrira, enfin, un espace de débat entre chercheurs et acteurs mobilisés et concernés : praticiens, professionnels de l’action sociale et de la santé, enseignants et personnels de l’éducation, acteurs associatifs, responsables politiques, journalistes, représentants d’institutions publiques et d’organismes privés, mais aussi parents, enfants, adolescents et jeunes adultes orphelins et leurs proches.

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